L’écho des voies

L’écho des voies (oct 2019 – oui, le masque et la distanciation étaient déjà là (sic))

Il y aurait eu un avant et un après.
Dès les premières fissures créant l’interstice entre moi et moi-même, le temps fit prendre à chaque geste une intensité douloureuse. Le masque m’étouffait, nécessaire pourtant encore à délimiter les contours des expressions que je tentais de maîtriser. Cependant la faille grandissait, l’air s’engouffrait. Un peu d’espace nouveau du côté des poumons, l’élargissement de la voie. Un mélange s’opérait entre mes efforts calamiteux pour parvenir à égaler mes pairs et ma véritable nature refoulée par moi, rejetée par eux. Phases non miscibles puis dilution de l’une dans l’autre.
Jusqu’à quelle profondeur les couches s’étaient-elles superposées en strates défensives? Au point de figer même mes airs et mes pensées au niveau d’une galerie souterraine où le promeneur s’y aventurant, dans mes rêves pouvait entendre l’écho d’un autre être venu d’on ne sait où. Une eau enfouie mais vivante charriait les éclats des meurtrissures anciennes. S’y reflétaient aussi les figures distanciées qui colmataient sans relâche les failles, des fois qu’on veuille les déloger de là.
Un boyau. Une bouche qui se tord.
A présent juste l’épaisseur d’un fil qui se délie et pointe du doigt tous les possibles et peut s’y lier sans heurts et sans aliénation. Mousquetons habiles et flexibles parés pour la remontée. L’extraction au grand jour le long de la paroi tatouée des restes d’hier.

Au fur et à mesure, d’autres boyaux, parallèles ou se croisant, et à travers eux je perçois qu’il y a autre chose, un peu pareil pourtant; des chairs analogues et des démarches de funambules. Tous cherchent à remonter. Nous ne pouvons nous aider en nous touchant puisque la paroi nous sépare, il n’y a plus que la force de l’âme nue qui vient nous faire comprendre la nécessité de grimper ensemble. Se hisser simultanément vers la sortie, grâce à l’écho produit et répercuté de parts en parts, dedans dehors parois tissus artères viscères os pierres et boyaux tous confondus, une allitération de sons caverneux pour finir vers un « o » pointant vers la lumière.
Si j’entends du bruit, c’est que les chemins vont se rejoindre dehors.
Si j’entends du bruit, c’est que les voix cherchent au même endroit.
Au milieu des cavités, la lumière interne villosités replis capricieux qui retiennent et refoulent, la certitude du mouvement et de la présence des autres.
Les échos guident même dans le noir, poursuivre est vital pour ne plus choir, ne pas retomber dans ce grand trou vide sans fin des abysses un abîme la fin en bref les immondices honteuses du néant.
Ces échos lucioles lanternes sentinelles ah nous marchons nous aussi nous chantons dans la nuit écho des voies salut du grimpeur. Des nacelles.

Il y a quelque chose d’imparable dans l’écho des voies.

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